Mercredi 9 avril 2008

 Le sénateur socialiste de l'Essonne s'est livré, sur Europe 1, à une violente charge contre les mouvements pro-tibétains et les menaces de boycott des jeux olympiques.

Robert Ménard, secrétaire de Reporter sans Frontières ? Lié aux «néoconservateur» américains. Le dalaï-Lama ? «Vous le trouvez sympathique parce que vous avez lu Tintin au Tibet». Alors que l'arrivée de flamme olympique à San Francisco fait craindre de nouvelles manifestations des partisans de l'indépendance du Tibet, Jean-Luc Mélenchon a pris mercredi sur Europe 1 une position pour le moins iconoclaste.

Le sénateur de l'Essonne l'assume : «Je n'approuve pas la théocratie, je ne suis pas d'accord pour dire que le Tibet aurait le droit à une indépendance à l'égard de la Chine». Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon développe ses arguments. Pour lui, «Le Tibet est chinois depuis le quatorzième siècle ». Et «parler d'invasion en 1959 pour qualifier un évènement à l'intérieur de la révolution chinoise est aberrant». Le responsable socialiste évoque la division en castes de la société tibétaine, abolie par Pékin après l'occupation de la région, ou encore les progrès accomplis en matière de scolarisation des enfants ou d'espérance de vie depuis cette date.

 

Des «personnages politiquement déterminés»

 

Dès lors, de son point de vue, «les évènements du Tibet sont un prétexte» pour justifier «une agression injustifiée et insultante contre le peuple chinois». Et d'interroger, sur Europe 1 : «on veut infliger quel genre de camouflet à qui ? Si on voulait s'affronter à Pékin, on le ferait dans le domaine des affaires». Jean-Luc Mélenchon va plus loin. Et accuse Washington. «Lorsqu'un pays, dans la géopolitique mondiale, pose un problème aux Etats-Unis d'Amérique, on provoque toutes sortes d'incidents qui mettent en cause son unité», explique-t-il.

Quand au secrétaire général de Reporters sans Frontières, principale figure du mouvement de protestation contre la Chine, il «remplace à lui tout seul la ligue des Droits de l'homme, Amnesty international, les syndicats de journalistes», dénonce Jean-Luc Mélenchon.

Pour le sénateur de l'Essonne, Robert Ménard n'est pas un «petit Tintin isolé». «On ne me fera pas croire à cette imagerie du dalaï-lama lévitant dans l'espace comme dans Tintin au Tibet et Robert Ménard dans le rôle de Tintin. Tous ces personnages sont politiquement déterminés et poursuivent des buts politiques», assène-t-il, évoquant des liens entre le secrétaire général de RSF et «les milieux néoconservateurs américains. Liens évoqués dans un ouvrage récent (1).

 

«Le camp des bons et le camp des méchants»

 

Autre critique de Jean-Luc Mélenchon : le «mépris» affiché par Paris à l'égard de Pékin. Un mois et demi après son arrivée, Nicolas Sarkozy n'aurait en effet toujours pas reçu le nouvel ambassadeur chinois en France pour qu'il lui présenté ses lettres de crédit. Interrogé par lefigaro.fr, le Quai d'Orsay estime que le délai est «raisonnable», compte tenu de l'emploi du temps du chef de l'Etat.

Pour autant, Jean-Luc Mélenchon récuse toute sympathie à l'égard du régime chinois. «Je ne veux pas participer aux manifestations de soutien pour l'indépendance du Tibet et le boycott, ça ne fait pas de moi l'ami du contraire», explique-t-il. Avant de demander à ses «compatriotes de réfléchir à cette idée que tout cela nous entraîne dans une direction qui n'est pas la bonne». Car, selon lui, «le plus terrible de tout, c'est le choc des civilisations. A la fin y a d'un côté le camp des bons et le camp des méchants».

http://www.lefigaro.fr/politique/2008/04/09/01002-20080409ARTFIG00322-melenchon-s-en-prendau-dalai-lama-et-a-rsf.php

 

 

Par M. Bruno Lalouette
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Mardi 8 avril 2008
TIBET! sélectionnée dans Actualités & Politique
Par M. Bruno Lalouette
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Mardi 8 avril 2008
Par M. Bruno Lalouette
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Lundi 7 avril 2008




Par Paul-Marie Coûteaux. Le député européen, directeur de l'Indépendance, rentre de Moscou, où il a découvert un pays en pleine expansion, qui devrait devenir un partenaire privilégié de l'Union européenne.

«Quelle ville ! Mon dernier rendez-vous était à 2 heures du matin», s'étonne mon voisin du vol Moscou-Paris, homme d'affaires français qui ne tarit pas d'éloges sur le nouvel eldorado russe. Il n'est pas seul à s'émerveiller : de ce journaliste d'un grand groupe de communication français qui crée une radio bientôt devenue la seconde à Moscou à cet entrepreneur des BTP découvrant à chaque voyage de nouveaux potentiels sibériens, combien sont ébahis par le décalage entre le discours ambiant sur la Russie, systématiquement dépréciatif, et ses innombrables promesses, ses capacités d'accueil, le dynamisme des entrepreneurs russes et la faveur réservée aux Français, écho à la vieille amitié franco-russe aujourd'hui en déshérence politique.

Aux yeux des divers maîtres de notre opinion publique, tout fait balle contre la Russie : la répression décrite comme féroce du terrorisme islamique, tchétchène ou autre, le rôle des mafias, le portrait d'une jeunesse vaguement houligane et livrée à la drogue, et par-dessus tout l'image dictatoriale de Poutine, chanson sur laquelle on a brodé à l'infini à l'occasion de l'élection du «dauphin» Medvedev, comme si un dictateur quittait de lui-même le pouvoir. Étonnante litanie de reproches contre un peuple qui soutient à l'évidence la politique de M. Poutine (lequel a, en huit ans, multiplié le pouvoir d'achat moyen par six) et paraît tout entier mobilisé au service de la prospérité de la «mère patrie» enfin un peuple qui ne se déteste pas lui-même : serait-ce son crime ?

Alors que la Russie est l'un des pays les mieux dotés en matières premières de toutes sortes, et le plus étendu du monde (sa superficie utile s'accroît à mesure des progrès techniques comme du dégel des mers septentrionales), alors qu'elle pourrait être le poumon inespéré d'une Europe anémiée, privée de perspective et de plus en plus dépendante pour ses approvisionnements essentiels, alors que la partie orientale de notre continent possède ce qui manque à sa partie occidentale et réciproquement, alors que, en un mot, les coopérations seraient naturelles dans de multiples domaines (y compris politiques et culturels), l'opinion est entretenue dans de récurrentes préventions. C'est au point qu'un magazine a fait sa couverture sur «la nouvelle menace russe» après une élection présidentielle dont il est à croire qu'on rêverait dans certains cercles qu'elle ait déstabilisée l'équipe dirigeante et rendu notre voisin aux épouvantables désordres des années Eltsine, dites «démocratiques» mais honnies par les Russes il est vrai qu'Eltsine et ses boys formés aux États-Unis furent utiles à nos alliés américains… Au reste, une démocratie occidentale qui transforme les courses présidentielles en drainage de «dons» et s'assoit sur les résultats de référendums populaires n'a plus guère de leçons à donner, d'autant moins à un pays qui l'a expérimentée pour le pire, qui a ses voies et traditions propres et n'entend pas, lui, se renier.

À l'évidence, la stigmatisation de la Russie a pour Washington et l'Otan l'avantage de reléguer dans les ténèbres extérieures un pays qui pourrait bien, s'il redressait sa démographie (à quoi s'emploie «l'ultranationaliste» Poutine), devenir l'une des premières puissances du monde. L'objectif est de séparer ce prometteur voisin d'une Europe de l'Ouest qu'il est ainsi beaucoup plus aisé de tenir sous contrôle. Divide ut regnes, la formule impériale est connue, mais il est désolant que les «élites» ou plutôt les oligarchies européennes tombent dans le piège il semble d'ailleurs que les géostratèges de Bruxelles s'ingénient à nier la composante orthodoxe de notre continent comme le montre, outre la russophobie de commande, l'époustouflante affaire du Kosovo où Bruxelles n'hésite pas à jouer contre elle la carte musulmane… C'est que l'enjeu est immense : qu'on s'imagine une «grande Europe» allant de Brest à Vladivostok comprenant une Sibérie qui n'est pas moins européenne que la Turquie et qui, libérant nos États, nos entreprises et nos peuples des carcans bureaucratiques de la vieille Union européenne, nous permettrait de participer librement à sa mise en valeur, comme nos partenaires russes le réclament.

Or, si l'Europe droguée à l'atlantisme ne se réunifie pas, si elle ne recouvre pas son indépendance et la conscience de ses intérêts à long terme face aux vraies menaces, celles d'un monde dont le centre est en train de quitter ses rivages, en un mot si nous ne comprenons pas que la Russie est pour le XXIe siècle notre meilleure carte, alors celle-ci se tournera vers d'autres alliances. Il faut écouter le récit des voyageurs du train Moscou-Pékin, il faut voir ces grandes villes sibériennes transformées en immenses chantiers aux mains de capitaux chinois, japonais ou arabes, il faut scruter les programmes du trop méconnu «groupe de Shanghai» (alliant notamment Chine, Russie, républiques d'Asie centrale et Iran (voir sur ce sujet le général Pierre-Marie Gallois in «Les Cahiers de L'indépendance» n° 4) pour sentir que l'Europe en général et la France en particulier doivent d'urgence repérer le futur pivot du monde, déjouant ainsi une marginalisation géopolitique annoncée et comme voulue par ses oligarchies.

La France pourrait être la maîtresse d'œuvre du renouveau européen : ce n'est pas par hasard que le gouvernement russe a choisi Paris pour accueillir bientôt le grand Centre de coopération en Europe qu'il a placé sous la houlette d'une femme politique de renom, Natalia Narotchnitskaïa, autour d'un livre bouleversant Que reste-t-il de notre victoire ? (éd. des Syrtes) ; elle y rappelle opportunément que, par deux fois au XXe siècle, la France doit au peuple russe d'avoir été sauvée de l'impérialisme allemand. Une fois encore, la conscience du passé dessine l'avenir. Hâtons-nous de retrouver la politique de la France ; le monde ne nous attendra pas.

Par M. Bruno Lalouette
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Lundi 7 avril 2008

"Non, il n'y pas de conspiration contre vous !"
lance, moqueur, l'eurodéputé Richard Corbett, à ses collègues eurocritiques de la commission des affaires constitutionnelles, ce lundi 31 mars à Bruxelles.

 Il a raison : ce qui caractérise une conspiration, c'est le secret. Or, la machine de guerre lancée par les européistes contre tous ceux qui pensent autrement n'a rien de confidentiel.

Elle oeuvre au grand jour, et M. Corbett en sait quelque chose puisque c'est lui qui est en charge de préparer une énième réforme du règlement intérieur du Parlement européen, dont l'effet sinon l'objet est la disparition pure et simple des "petits groupes" parlementaires.

Il faut aujourd'hui au moins 20 députés européens issus de 6 Etats-membres différents pour constituer un groupe politique au Parlement européen.

L'application de cette nouvelle règle à la configuration politique actuelle conduirait mécaniquement à l'exclusion de dizaines de députés européens de tout groupe, le nombre de "non-inscrits" s'étendant considérablement. Surtout, les nouveaux seuils conduiront à la disparition pure et simple du groupe Indépendance et Démocratie, qui compte aujourd'hui 24 membres (36 en 2004).

Or, comme par hasard, ce groupe parlementaire est le seul groupe eurocritique du Parlement européen, c'est à dire hostile à toute Constitution européenne fût-elle rebaptisée "Traité de Lisbonne".

 Cette réforme qui s'appliquerait au lendemain des élections européennes de 2009 est la dernière en date d'une série de charges menées à l'encontre des "eurosceptiques" et partisans de l'"autre Europe".

 En effet, il y a un mois, le Parlement européen modifiait déjà son règlement intérieur pour permettre à son président de refuser une demande de vote par appel nominal (le sens du vote de chaque député est enregistré et public) lorsqu'elle a manifestement pour but de faire "obstruction", notion extrêmement vague qui laisse à l'évidence libre cours à la subjectivité du Président.

Au même moment, la Présidence du Parlement européen infligeait à plusieurs eurodéputés une sanction indemnitaire pour s'être exclamés et avoir brandi des panneaux "Référendum!" au cours de la séance de proclamation de la Charte des droits fondamentaux annexée au Traité de Lisbonne, le 12 décembre dernier. L'on pourrait ainsi poursuivre la liste, en rappelant également la réforme des modes de scrutin pour l'élection européenne de 2004.

 Réalisée à la hâte en France par une loi du 9 avril 2003, cette révision du mode de scrutin a brisé l'effet proportionnel par un mode de calcul et un curieux découpage du territoire français en huit circonscriptions interrégionales dont la pertinence géographique est totalement farfelue.

Même si le profil des candidatures, des alliances ainsi que le contexte politique étaient bien différents 5 ans plus tôt, cette cassure du territoire et de l'effet proportionnel a lourdement pesé sur le score mais surtout le nombre d'élus des "petites" listes et créé un effet d'aubaine pour les deux "grands" (PS et UMP) arrivés en tête en ayant une fois de plus à peine prononcé le mot "Europe" de toute la campagne.

Ainsi par exemple, la liste Villiers-Pasqua avec 13,05% en 1999 obtenait 13 députés. Après cette régionalisation du scrutin et donc de la campagne, les listes Villiers en 2004 totalisaient en moyenne nationale 1.145.839 voix soit 6,83% et n'obtenaient que 3 députés : Philippe de Villiers, Paul-Marie Coûteaux et Patrick Louis.

 Dans le même temps, avec seulement 125.555 voix de plus, les Verts en obtenaient le double (6 députés).

Surtout, avec 28,9% des suffrages, le PS obtenait 31 sièges et l'UMP avec 16,6% obtenait 17 sièges.

Si "la qualité démocratique d'un Parlement se mesure à la place qu'il fait à la minorité", alors il faut prendre conscience que la rare instance élue de l'Union européenne est bien décidé à réduire, dans tous les sens du terme - en nombre et en moyens - la minorité parlementaire qui a "l'indécence" de s'y faire élire sur la promesse de "changer l'Europe".

 Force est de constater que dans son fonctionnement même l'Europe de 2008 rompt avec le fabuleux serment voltairien à la base du postulat démocratique : "Je ne suis pas d'accord avec un mot de ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour votre droit de le dire."

Christophe Beaudouin

Par M. Bruno Lalouette
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Lundi 7 avril 2008
Par M. Bruno Lalouette
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Jeudi 3 avril 2008



Cécilia Gabizon


L'Association nationale des directeurs des ressources humaines s'est saisie du problème des revendications religieuses au travail.
Un matin, Hamid a décidé qu'il ne pousserait plus le chariot contenant les fioles d'alcool destinées aux avions : «C'était contre sa religion.» En invoquant l'islam, cet employé intérimaire de l'Aéroport de Paris a mis la direction du service en émoi. Fallait-il céder au nom de la «tolérance religieuse», se plonger dans les sourates pour vérifier la validité des revendications ? Ou s'insurger de cette demande farfelue ?

L'anecdote reflète le malaise croissant autour des manifestations religieuses dans les entreprises. Surtout lorsqu'elles se présentent sous les habits de l'islam. De grandes entreprises comme L'Oréal, Gaz de France, Total, Vinci participent depuis un an à un groupe de travail organisé par l'association Dynamique Diversité, sous la houlette de Dounia Bouzar, anthropologue spécialiste du radicalisme religieux. Tandis que l'Association des directeurs de ressources humaines (ANDRH), qui rassemble l'élite des entreprises françaises, abordera le sujet cet après-midi à Sciences Po Paris.

Jusqu'alors, les entreprises rechignaient à exposer leurs petites affaires religieuses. Mais la pression monte. Beaucoup de structures ont aménagé temps de travail et jour de congé pour dissiper les conflits. Ainsi l'Aïd-el-Kebir, la plus importante fête mu­sulmane, est souvent accordée sous la forme d'autorisation d'ab­sence. Une tolérance plus qu'une règle qui évite à l'employé d'entamer ses congés. L'industrie automobile, qui comptait de nombreux immigrés, a aménagé des salles de prières dans certains ateliers depuis les grandes grèves des années 1970, notamment dans les usines Renault de Flins et Boulogne. Les rotations prennent parfois en considération l'heure des prières et souvent le ramadan. PSA a la même politique. Le BTP «module l'organisation de certains chantiers», reconnaît Patrick Plein, directeur du développement des ressources hu­maines chez Vinci.


La mixité parfois contestée

La grande distribution adapte à son tour les horaires de travail des caissières lors du mois de ramadan pour éviter les baisses de rendement et leur permettre de rompre le jeûne… sans abandonner leur poste. «On n'a pas le choix», résumait, en 2007, un responsable du service caisse du Géant d'Argenteuil.

Le phénomène s'étend, parfois porté par de vrais idéologues, qui imposent insidieusement des pratiques collectives, comme la prière et le halal, là où les employés issus de familles musulmanes sont nombreux. La mixité est parfois contestée, comme dans ce centre d'appels, sous-traitant de SFR. Un certain Mounir y pratiquait un prosélytisme voyant et refusait les ordres de son chef, qui était une femme, sans que personne n'intervienne. Ces cas restent isolés mais «la peur qui entoure l'islam induit des comportements irraisonnés de la part des recruteurs et des managers», résume Aline Crépin, responsable diversité chez Randstad, une société d'intérim. Lorsqu'un de ses serveurs, après un séjour à l'étranger, n'a plus voulu servir les femmes, un grand groupe de restauration a ainsi appelé à l'aide l'Institut de mécénat social (IMS) pour savoir comment réagir ! «Ils vont probablement le licencier, mais ils hésitaient», relate le responsable diversité de l'IMS, Benjamin Blavier. «Les DRH craignent d'être considérés comme racistes et d'avoir des procès», poursuit Patrick Plein de Vinci. «Ils préfèrent parfois ne rien faire.» Les nouvelles demandes se concentrent sur la nourriture et l'apparence. Le halal et parfois le cacher sont des sujets de dispute à la cantine. Certaines entreprises proposent maintenant un plat végétarien. Les recruteurs sont déstabilisés par la multiplication des candidates voilées.


«Désislamiser les problématiques»

L'Oréal a récemment embauché une jeune femme diplômée d'une école de commerce, voilée, pour un poste à responsabilité dans la gestion. «Le sujet reste sensible», reconnaît-on à la direction. Des responsables du personnel s'en sont émus, tandis que des salariés du même site ont demandé à porter le voile. Sollicitée comme experte, Dounia Bouzar a trouvé Mona «taillée pour le poste, avec l'esprit de l'entreprise». «Les entreprises doivent montrer qu'elles font des efforts», analyse de son côté Michel Mine, spécialiste du droit social européen au Cnam. Les licenciements de femmes voilées ont été validés si un consensus avait été recherché au préalable. «Les responsables doivent accepter les aménagements, halal et même le port du foulard, qui ne nuisent pas à l'activité», assure le juriste.

C'est, semble-t-il, la tendance des prochaines années. Mais certains DRH comme Aline Crépin insistent pour «désislamiser les problématiques» : «Si Jean-Jacques avait refusé de transporter des bonbons durant le carême, il aurait reçu un avertissement !»

L'anthropologue  Dounia Bouzar(*), cofondatrice de l'association Dynamique Diversité,mène depuis 2007des audits sur les revendications religieuses dans l'entreprise.

LE FIGARO. Observe-t-on une montée des revendications religieuses ?
Dounia BOUZAR. À l'image du reste de la société, l'entreprise est touchée par le retour du religieux. Les jeunes nés en France ne veulent plus se cacher et revendiquent de nouveaux droits. Chacun teste son bricolage religieux personnel. Parfois, c'est une façon de se faire entendre, de revendiquer une place.

Quelles sont les nouvelles demandes ?
Certaines revendications portent sur les rituels, comme la nourriture confessionnelle et l'apparence, notamment le port du foulard. Mais d'autres instrumentalisent le religieux pour instaurer des rapports de force et échapper aux règlements collectifs… J'ai vu des salariés refuser de partager le même frigidaire pour cause de viande impure. On observe aussi des phénomènes de contestation de l'autorité des femmes.

Comment réagissent les entreprises ?
Elles sont perdues, surtout sur l'islam. Les stéréotypes pèsent lourdement. Les entreprises pren­nent souvent les musulmans pour des intégristes et les in­tégristes pour des musulmans ! Le manager doit refuser le terrain théologique, pour évaluer le comportement du salarié, quel qu'en soit le prétexte.

Concrètement, les entreprises peuvent-elles interdire le voile ?
La restriction des libertés individuelles ne peut être justifiée que par la nature de la tâche, affirme le Code du travail. Si la fonction l'exige, le recruteur peut demander à la candidate d'être neutre. Mais pas forcément de montrer ses cheveux ! Le tout, c'est de ne pas être perçue comme « une musulmane ». Avec un petit bonnet fashion, elle peut avoir l'air d'une cadre comme les autres tout en préservant sa liberté de conscience !

* Allah, mon boss et moi, Dynamiques Diversité éditeur.

http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/04/02/01001-20080402ARTFIG00653-j-ai-vu-des-salaries-refuser-de-partager-le-meme-frigidaire.php

A part cela, l'islamisation, pour la licra et compagnie, n'est qu'un fantasme d'extrême droite!

Je n'ai qu'une seule chose à dire: "DISCRIMINATION"

discrimination à l'égard des femmes, discrimination à l'égard de la culture du pays d'accueil!

Normalement c'est sanctionnable par la loi, maintenant si employeurs et salariés sont assez lâches pour courber l'échine devant une minorité... Ils n'ont que ce qu'ils méritent!

Au fait, où sont les politiques qui s'alarment pour une simple banderolle, alors que les faits cités plus haut sont quotidiens?


Par M. Bruno Lalouette
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Jeudi 3 avril 2008


Le déploiement d’une banderole (« pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch’tis ») lors de la Finale de la Coupe de la Ligue du 29 mars dernier par une poignée de supporters parisiens assimilés au Kop de Boulogne apparaît comme une véritable aubaine pour la classe politique.

De Bernard Laporte (si, si, il est ministre, on vous jure) à Roselyne Bachelot, en passant par Michèle Alliot-Marie et François Fillon, sans oublier notre cher Président Nicolas Sarközy, qui tente un difficile exil médiatique depuis la gifle des Municipales 2008, chacun s’est fendu d’une envolée émue et outrée, ou d’un communiqué passionné, pour dénoncer « la banderole de la honte ».

Il n’aura en outre pas fallu beaucoup de temps pour voir ressurgir, notamment chez les journalistes, fidèles au poste, le spectre du « racisme », dixit la brillantissime Claire Chazal, (un blanc parisien peut donc être raciste d’un blanc du Nord de la France), également évoqué par un Dany Boon passé en quelques semaines du statut de gentillet comique à celui de garant des « valeurs de la République » (à quand la Légion d’Honneur pour un Dany rouge de colère ?).

Réclamant des sanctions plus délirantes les unes que les autres, nos politiques n’ont donc pas hésité à mettre le paquet (vidéo surveillance, test ADN, témoignages…) pour retrouver les auteurs de la banderole.

Il faut que l’affaire soit au moins aussi gravissime que celle du scooter volé du fils Sarkozy pour faire appel aux tests ADN !

On peut donc s’attendre à des condamnations très lourdes pour les auteurs du bout de tissu, dont l’humour maladroit et brutal est décidément passé en travers de la gorge d’un système vexé qu’on touche à « ses » ch’tis, pourtant délaissés pendant des années au profit d’autres minorités plus visibles et revendicatrices…

Ce déferlement politico-médiatique, de déclarations en déclarations, d’interviews en interviews, traduit un véritable malaise du Système en place, si heureux de trouver un sujet « consensuel ». Pas une individualité, pas un journaliste à de rares exceptions près, ne va remettre en question le rouleau compresseur bien-pensant qui fonctionne à plein régime.

Quel plaisir de cuisiner du « tout préparé », de piétiner des proies faciles que personne ne viendra défendre, qu’aucune association ne va protéger, quel plaisir d’enfoncer des portes ouvertes !

Ce feu de paille si agréable à regarder n’en est que plus dur à alimenter.

Et bientôt les sujets polémiques, passé le tourbillon de folie, pointeront à nouveau le bout de leur nez.

Que nos politiciens aux si bons résultats profitent de ces rares moments de plaisir facile car bientôt le réveil va sonner. Puissent-ils trouver la même énergie pour relancer le pouvoir d’achat, lutter contre les délocalisations, l’individualisme consumériste, la mort lente de la planète, ou encore l’immigration-invasion !

Novopress.info, 2008, Article libre de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine
http://paris.novopress.info

Par M. Bruno Lalouette
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Mercredi 2 avril 2008
BLING-BLING sélectionnée dans N.C.
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Mercredi 2 avril 2008
Par M. Bruno Lalouette
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